Compte-rendu : Trail Alpin du Grand Bec Raidlight

Le Dimanche 13 Août a eu lieu la 30ème édition du Trail Alpin du Grand Bec Raidlight à Champagny. Sylvain, en mission à deux pas des Alpes en a profité pour courir son premier VRAI trail alpin ! 

Pour ce trail, deux options possibles : 14km D+540m / D-540m ou 30km D+ 1770m / D- 1770m. D’emblée, je me dirige vers le 30 bornes, mais une contracture qui tarde à se résorber m’inquiète. Par prudence, je retarde mon inscription. Finalement, ayant toujours de fortes douleurs et n’ayant pu m’entrainer correctement depuis quelques semaines, je me résigne à m’inscrire pour le 14km.

Les jours précédents la course, j’apprends le parcours, ainsi que le profil altimétrique afin de savoir à quoi m’attendre en course, et mieux gérer mes efforts.

Le jour J  

Un bon petit-déj, du baume chauffant pour tenter de masquer les effets de la contracture, et je pars récupérer mon dossard. Je me place en première ligne sur le départ !! 9:00:00 !! Paf, c’est parti !! Je pars dans le groupe de tête, les dix premiers en gros. A la première bifurcation, nous nous apprêtons à prendre sur la droite pour suivre notre trace au sol bleue, comme la couleur de nos dossard, alors qu’un commissaire de course s’égosille et nous dit de continuer tout droit tout en suivant la trace verte, celle du 30km… Totalement pommés devant cette cacophonie, et déjà lancés dans notre course, nous suivons ses « ordres » malgré nos protestations. La deuxième moitié de la troupe prend la direction de la trace bleue et nous sommes rappelés pour les imiter… 1min30 de perdue quand même, et nous voilà relégués à l’arrière du groupe… Enervé de ce cafouillage, je profite du plat pendant un kilomètre pour accélérer et tenter de retrouver les avant-postes. Je me retrouve bloqué à plusieurs reprises derrières des traileurs et il est compliqué de les dépasser : résultats, je passe de surrégime pour doubler à sous-régime bloqué derrière des personnes…

On attaque la première montée. Un gros morceau : plus d’un kilomètre et un bon gros 350 m de dénivelé positif. La plupart des traileurs marchent dans cette côté bien raide. Je continue de courir et je parviens à doubler encore du monde, mais rapidement, je suis obligé moi aussi de marcher : je suis déjà un peu dans le dur… Les positions se figent quelque peu. Le bonhomme en jaune qui me suit directement semble un peu plus rapide que moi, mais j’essaie quand même de conserver ma place. Celui d’après semble bien plus costaud, et je m’attends à ce qu’il nous double rapidement. La montée est longue, éreintante… A ma montre, la distance évolue doucement, c’est qu’il reste encore une sacrée partie… Finalement, ce que je craignais un peu se produit : le bonhomme en jaune me double et commence à s’envoler légèrement : mince ! On en finit enfin avec cette terrible montée, ouf !!

Maintenant, 500 mètres de descente !! J’essaie de revenir sur le gars en jaune devant mais l’écart ne bouge pas. Et mon poursuivant me double en dévalant la pente à une allure folle : je m’y attendais, et je ne le reverrais plus ! Une fois la descente terminée, premier ravitaillement puis place à 6 kilomètres de faux plat montant et descendant. J’essaie toujours de refaire mon retard sur le gars en jaune, mais rien à faire, je n’y arrive pas. Je ne suis pas au top de ma forme, malgré une bonne allure. Et deux gars en rouge, qui semblent bien plus rapides que moi, arrivent dans le rétro : mauvais pour le classement !! Je m’accroche pour conserver ma place, mais ils finissent par me passer devant vers le 4ème kilomètre. Et peu de temps après, une fille aux chaussettes roses me double également… J’essaie de minimiser les écarts avec ces gens qui m’ont doublé : la course est encore longue et j’espère leur repasser devant, sans trop d’espoirs toutefois…

J’enchaine les kilomètres et je commence ENFIN à réussir à accélérer à partir du 6ème. Je me sens bien, une allure à plus de 13km/h. On revient sur un concurrent manifestement parti trop vite au départ : cool !! Puis, petit à petit, je reviens et je double le gars en jaune facilement : il craque héhé ! Je reviens un peu sur la fille et le duo de gars en rouge : incroyable !! On passe le 8ème kilomètre, bientôt la fin du plat. Et c’est le second ravitaillement : le trio s’arrête, pas moi : je double tout ce beau monde, haha !! Grosse motivation, mais grosse montée aussi ! Je suis en forme et revigoré par ces dépassements inespérés. Avec une envie féroce de mettre le maximum d’écart avec mes poursuivants, je cours une bonne partie de la grimpette mais c’est compliqué. Je me retourne, personne !! Alors je décide de marcher pour récupérer un peu… Quelques instants plus tard, un des gars en rouge semble se lancer à ma poursuite. Je repars de plus belle en courant dans cette côte encore bien ardue. C’est quand même dur de garder un gros rythme, la bataille pour ma place semble lancée. Je parviens à maintenir mon écart et voilà de la descente sur du mono chemin en terre : j’attaque pour creuser l’écart et cela semble payant car je n’aperçois personne derrière moi. Le sentier laisse place à une large piste de 4×4. Ça descend sérieusement. Je n’envoie pas trop, car derrière je sais que ça va remonter, et ça risque de piquer… Soudain, j’entends des bruits de pas derrière moi… Je me retourne : la fille aux chaussettes roses est là et semble être sacrément à l’aise sur cette portion de descente roulante… Misère de misère, on peut pas être peinard deux secondes sur cette failli montagne !!!!!! Allez c’est reparti, on accélère ! Elle cherche clairement à revenir sur moi, et moi à maintenir mon écart. Sacrée bataille qui m’envoie sur des pointes à plus de 25km/h… Mais je n’ai pas le choix. Il faut que je maintienne cet écart jusqu’à la prochaine montée qui rallie pratiquement l’arrivée ! Je me retourne régulièrement : tantôt elle reprend du terrain, tantôt j’en gagne.

Allez, 11,5 kilomètre de bouclés et on attaque la montée finale. Bonne nouvelle, j’ai réussi à conserver une avance confortable. Ouuuh que la montée est dure après cette débauche d’énergie… Petit trot, impossible de faire mieux. Quelques centaines de mètres plus tard, j’aperçois mes prédécesseurs sur le parcours en lacet… Pfff faut grimper tout ça encore ?? Les chaussettes roses ne sont pas loin derrière, le gars en rouge aussi. Je donne tout ce que j’ai pour garder ma précieuse place !! J’enchaine les lacets, le gars a doublé la fille. Cette montée finale est interminable… Si près du but, hors de question de laisser ma place ! Je regagne enfin le village de Champagny et il me reste plus que quelques centaines de mètres pour atteindre l’arrivée : mes concurrents sont relativement loin, je termine en roue libre !! Le speaker à l’arrivée repère mon numéro de dossard et annonce mon arrivée avec prénom et nom : plutôt sympa !!

Résultat 

Trail bouclé en 1h20min15s, et classé 11 sur 65 après le déclassement d’un participant. Le gars en rouge terminera plus d’une minute derrière moi, suivit de peu de la fille qui finira également première senior femme : sacrée perf ! Au final, malgré le couac de début de parcours qui aura un peu changé la physionomie de la course et ma blessure qui m’a un peu gêné, notamment avec le manque d’entrainement, je suis assez content de ma course et du résultat. Je ne pensais vraiment pas revenir sur les gens qui m’avaient doublé quand j’étais dans le dur ! L’apprentissage de la course continue…

Merci à Sylvain pour ce chouette compte-rendu ! 

2 Comments

  • Juliette septembre 15, 2017 at 6:36

    Bravo Sylvain pour ce trail ! Mais attention, il faut aussi se reposer !

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    • Sylvain septembre 20, 2017 at 9:47

      Merci 🙂
      Se quoi ?? C’est bien l’hôpital qui se moque de la charité là 😀 😀 😀

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